Hommage au soldat Jean Espagnet, mort pour la France en 1915 !

Noté le 5 novembre 2015

Parmi les soldats morts en 1915 qui seront honorés le 11 novembre 2015 au monument aux morts de Loupiac, un hommage particulier sera rendu à Jean Espagnet, né Delas, qui a vu le jour, le 26 mars 1876 à 1 heure du matin, à Lados (Gironde) où il résidera jusqu’à son départ au service militaire, en 1897.

Jean Espagnet était cultivateur métayer. De la classe 1896, il est incorporé, le 13 novembre 1897, au 188e Régiment d’Infanterie de Bergerac, à la caserne Chanzy. Il est rappelé à l’activité le 13 août 1914, affecté au 140e Régiment d’Infanterie Territorial de réserve constitué à Bordeaux. Ces réservistes, nés entre 1875 et 1880, quittent Bordeaux le 16 août 1914 pour la région d’Orléans. Le 11 décembre 1914, Jean passe au 160e Régiment d’Infanterie. Le 23 mai 1915, il est affecté à la 17e compagnie du 360e et participe à la conquête du plateau de Lorette d’Ablain-Saint-Nazaire, puis, à partir du 7 juillet, aux combats à la station du Souchez. Les attaques ont coûté au régiment des pertes sensibles. Le 11 juillet au soir, le régiment est relevé. Jean Espagnet est déclaré disparu le 12 juillet 1915 à Souchez, dans le Pas-de-Calais, comme en atteste le journal de marche et des opérations du 360e R.I. Sa plaque d’identification militaire a été retrouvée dans un champ par un agriculteur.

Dans son roman « Le Feu » paru en 1916, Henri Barbusse offre une description de Souchez rasé :
« Le village a disparu. Jamais je n’ai vu une pareille disparition de village. Ablain-Saint-Nazaire et Carency, gardent encore une forme de localité, avec leurs maisons défoncées et tronquées, leurs cours comblées de plâtras et de tuiles. Ici, dans le cadre des arbres massacrés — qui nous entourent, au milieu du brouillard, d’un spectre de décor — plus rien n’a de forme : il n’y a pas même un pan de mur, de grille, de portail, qui soit dressé, et on est étonné de constater qu’à travers l’enchevêtrement de poutres, de pierres et de ferraille, sont des pavés : c’était ici, une rue.  »

Jean Espagnet résidait à Loupiac depuis la libération de ses obligations militaires, en 1898. Il s’était marié le 26 avril 1899 à Fontet avec Jeanne Bergadieu, native d’Aillas. De 1899 à 1914, le couple cultivateur réside et travaille dans les communes de Fontet, Pondaurat, Blaignac, La Réole, Mongauzy, Aillas et Loupiac. Dans ce parcours, cinq enfants verront le jour : Jeanne, Jean, Pierre Raoul, Gaston et Pierre qui naîtra le 22 avril 1912 à Loupiac au lieu-dit le Chai.
Après la guerre, sa veuve s’installe avec ses fils à Berhoumieu où elle travaille chez la famille Promis comme cultivatrice. Elle décédera en 1937 à Saint-Brice. Sa fille et ses quatre garçons seront « adoptés par la Nation ». La fratrie aura descendance.

Jean Espagnet a été honoré à titre posthume de la Croix de guerre avec 1 étoile.

Mairie de Loupiac

Berthoumieu - 33410 Loupiac
Tél. : 05 56 62 99 62